FALC ou langage clair : quelles différences et quand les utiliser ?

En France, 1 personne sur 4 rencontre des difficultés pour comprendre un document administratif. Adopter une communication accessible est donc un enjeu majeur pour les informations administratives, mais aussi les documents professionnels ou les contenus pédagogiques.

Et si vous êtes en train de lire cet article, c’est peut-être parce qu’en termes d’accessibilité, vous avez entendu parler du FALC (Facile à Lire et à Comprendre) et du langage clair.

Si les deux visent à améliorer la compréhension, l’autodétermination et l’autonomie des personnes, ils ne s’adressent pas aux mêmes publics et n’utilisent pas la même méthodologie.

Dans cet article, découvrez les différences qui existent entre le FALC et le langage clair et les situations les plus appropriées pour utiliser l’une ou l’autre méthodologie.

Sommaire :

  • Qu’est-ce que le langage clair ?
  • Qu’est-ce que le FALC (Facile à Lire et à Comprendre) ?
  • Les différences entre le langage clair et le FALC
  • Pourquoi et quand utiliser chaque approche ?
  • L’importance des tests utilisateurs en FALC
  • Mon rôle de graphiste dans la mise en page FALC et langage clair]

Qu’est-ce que le langage clair ?

Le langage clair est une approche de communication qui vise à rendre un texte, un document ou un flyer compréhensible par le plus grand nombre et ce dès la première lecture.

Il s’adresse aux personnes alphabétisées mais qui ont des difficultés de lecture ou de compréhension du français. Le langage clair a un objectif de clarification.

C’est pour cette raison qu’il s’applique principalement dans l’administratif, le droit, la santé et les communication institutionnelles.

Les principes du langage clair

L’objectif est de permettre à toute personne de comprendre un texte facilement, sans avoir besoin de faire de recherches complémentaires ou de devoir demander de l’aide. Ce n’est pas exactement la même chose que le FALC.

Pour cela, le langage clair s’appuie sur :

  • L’utilisation de phrases courtes et simples.
  • La suppression de mots compliqués et techniques.
  • Une structure logique du texte pour faciliter la lecture et la compréhension.
  • Une mise en page aérée avec des titres et des sous-titres que l’on comprend en tant que tels.
  • L’utilisation d’exemples, d’illustrations et de visuels pour faciliter la compréhension.

Le graphisme a un rôle a jouer quand il s’agit de rendre le langage clair encore plus clair. Mais je vous parle de cela juste après.

Qu’est-ce que le FALC ?

Acronyme de Facile à Lire et à Comprendre, le FALC est une méthodologie d’écriture européenne qui a vu le jour en 2009. Elle repose sur 57 critères et a pour objectif de rendre les textes compréhensibles par des personnes ayant des difficultés cognitives, des troubles de l’apprentissage ou des handicaps intellectuels.

Le FALC aide aussi les personnes âgées et les personnes étrangères qui parlent peu le français à comprendre le texte et les informations partagées. Le FALC a un objectif de simplification.

Les principes du FALC

Le FALC est une méthodologie qui repose sur 57 critères et le logo FALC ne peut être apposé sur le document qu’une fois la validation effectuée par des personnes en situation de handicap mental.

Voici ses principes globaux :

L’utilisation d’un vocabulaire très simple et facile.

  • L’explication des mots difficiles avec des définitions simples.
  • Des phrases courtes, actives, avec une structure simple (sujet verbe complément) et une seule idée par phrase.
  • L’utilisation de pictogrammes et d’images qui servent à appuyer la compréhension du texte.
  • Une mise en page visuelle et aérée pour faciliter la lecture.
  • Des tests réalisés par les personnes concernées pour valider la compréhension du document.

Mon rôle de graphiste dans la mise en page FALC ? Rendre vos documents encore plus lisibles grâce à leur design graphique, aux illustrations et aux pictogrammes.

Les différences entre le langage clair et le FALC

Bien que l’accessibilité soit au coeur de ces deux approches, elles ont bien des différences notables.

Langage clairFALC
ObjectifCompréhension immédiate par le grand public et spécifiquement par les personnes parlant peu le français.Adaptation du texte pour des publics spécifiques qui ont des difficultés de compréhension. Simplification.
Public cibleToute personne alphabétisée qui comprend le français au minimum.Les personnes en situation de handicap cognitif ou qui ont des troubles de l’apprentissage.
TechniquesClarification du vocabulaire. Phrases simples. Structuration logique.Phrases très courtes. Pictogrammes. Réalisation de tests par les personnes concernées.
ValidationNon obligatoire.Obligatoire par des personnes en situation de handicap mental pour apposer le logo FALC sur le document.

Pourquoi et quand utiliser chaque approche ?

Le langage clair et le FALC ne s’utilisent pas exactement dans les mêmes contextes ou pour les mêmes publics. Aussi, vous pouvez être amené·es à utiliser le langage clair car vous ne souhaitez ou ne pouvez pas passer une certification FALC pour un document.

Le langage clair est plus adapté lorsque votre organisme s’adresse à un large public et que vous souhaitez que les informations partagées soient comprises immédiatement. Vous ne vous adressez pas spécifiquement à un public porteur d’un handicap intellectuel ou avec des troubles de la compréhension.

Cela convient particulièrement pour :

  • Les courriers administratifs.
  • Les brochures présentes dans des institutions.
  • Les supports de formations.

Dans les exemples ci-dessous concernant le langage clair, on peut voir que le visuel est aéré, les informations sont visibles immédiatement et les images servent à appuyer le propos.

Vos PDF peuvent être doublement accessibles en étant rédigés avec le langage clair et leur accessibilité technique peut être travaillée par mes soins.

Le FALC est plus adapté pour des documents adaptés à des publics qui ont des difficultés de lecture ou de compréhension. Puisqu’il faut faire valider le texte par des personnes en situation de handicap mental, la certification FALC est plus longue et rigoureuse.

Dans les deux exemples ci-dessus on voit à quel point le visuel joue un rôle dans la compréhension du texte. Plus aéré, avec des pictogrammes, le texte devient bien plus simple à comprendre.Mon rôle de graphiste dans la mise en page FALC ? Rendre vos documents encore plus lisibles grâce à leur design graphique, aux illustrations et aux pictogrammes.

Mais il existe des situations intermédiaires entre le langage clair et la validation FALC.

Par exemple, pour des personnes paraplégiques ou parlant mal le français, les principes du Facile à Lire et à Comprendre sont intéressantes pour communiquer vos informations. Pas besoin de les faire valider par une personnes en situation de handicap mental, vous pouvez simplement utiliser les principes de la méthodologie pour simplifier les informations et les rendre accessibles facilement. Mais il faut impérativement les faire tester auprès de votre public cible.

Par exemple, vous êtes une association qui accompagne des personnes exilées dans leur quotidien. Tout le monde ne parle pas français ou ne le lit pas. Vous utilisez la méthode FALC pour rédiger vos textes. Vous leur faites lire. Vous ajustez pour que le texte corresponde vraiment à leur niveau.

L’importance des tests en FALC

Il est toujours important de faire tester le travail par votre public cible pour vous assurer de l’accessibilité de vos documents, que ces derniers soient FALC ou non.

Votre cible va lire les textes et les commenter afin de voir s’ils sont bien compréhensibles et que les informations pertinentes sont bien transmises.

Elle va :

  • Identifier les passages encore complexes ou les termes trop techniques.
  • Adapter le vocabulaire en fonction de leurs propres connaissances.
  • Faire des retours sur la présentation pour faciliter la lecture.

Comme je le disais au-dessus, pour avoir le logo FALC, la validation pour les personnes porteuses de handicap mental est obligatoire. Mais on peut utiliser les règles du FALC et faire tester en interne à son audience pour s’assurer d’employer les bons mots et d’avoir un texte compréhensible.

Sans validation, vous n’aurez simplement pas le droit d’utiliser le logo FALC.

Mon rôle de graphiste dans la mise en page FALC et langage clair

En tant que graphiste formée au FALC, je réalise des mises en page attractives qui respectent votre charte graphique sans mettre de côté les règles du FALC ou la clarté du langage clair.

Parce que si vous avez des textes qui sont compréhensibles, mais visuellement peu attractifs alors vos efforts sur la compréhension seront vains. La mise en page visuelle joue un grande rôle dans la facilité de lecture (et l’envie de lire les informations jusqu’au bout !).

C’est quoi une mise en page FALC ?

  • Une mise en page très sobre.
  • Une structuration des titres limpide et visuelle.
  • Des textes écrits en gros avec une police lisible. La norme FALC se base sur la police Arial en 14pt.
  • Les illustrations présentes dans le document doivent être utiles à la compréhension du texte.
  • La présence de pictogrammes suit la même logique et doit être au service de la compréhension.
  • L’utilisation de couleurs contrastées pour permettre l’accessibilité visuelle.
  • Un graphisme validé par des personnes porteuses d’un handicap mental.

Qu’est-ce qu’une mise en page Langage Clair ?

  • Une mise en page aérée.
  • Une structuration visuelle avec des titres et des sous-titres marqués.
  • Un contraste fort des couleurs.
  • Des illustrations et pictogrammes pensés pour aider à la compréhension du texte.

Dans l’idée, la mise en page doit rester simple, mais on a plus de libertés que pour une mise en page FALC qui doit rester très sobre et visuellement aérée pour éviter la déconcentration et les troubles de l’attention.

On peut donc dire que le langage clair et le FALC sont deux approches qui visent à clarifier le texte d’une part, et le simplifier de l’autre. Les publics cibles des deux méthodologies ne sont pas les mêmes. Néanmoins, s’il y a une chose qui les réunit, c’est la nécessité d’avoir un bon design graphique pour renforcer la compréhension et la facilité de lecture.

Si vous souhaitez mettre en page vos documents accessibles sans faire de concessions sur l’esthétique, je m’en occupe ! Car seul le fond ne suffit pas, la forme est primordiale pour améliorer l’accessibilité, garder l’attention et transmettre les bonnes informations. Offrez à votre lectorat des supports visuellement attrayants et accessibles.

Article rédigé par Emma Nubel, l’Acribologue du web.